Bernabé Del Castillo

Graveur résidant et travaillant à Paris, diplômé des Beaux-Arts en dessin.

Attiré très tôt par le dessin, Bernabé del Castillo se spécialise au fil du temps dans la gravure.

Le processus de création artisanale, le travail du geste et le caractère imprévisible de cette technique le poussent à choisir la gypsogravure comme mode privilégié d’expression. Il associe ainsi son savoir-faire d’artisan à son talent artistique pour créer des œuvres sensibles, mouvantes et d’une profondeur particulière.

C’est avec une économie de moyen - plaques de plâtre coulées, pâte à modeler, fils de fer, outils de bricolage, lames et clous – que volontairement il explore la technique de la taille d’épargne. Les travaux sont couchés sur des papiers mûrier coréens ‘Hanji’ et japonais ‘Atsukushi’.

Cette technique de gravure en relief présente deux intérêts principaux.

Tout d’abord le processus de création est inversé; il ne trace pas le dessin mais le fait naître en le détourant petit à petit à coups de gouges précis.

Puis la plaque terminée, l’œuvre n’est pas pour autant figée; les incertitudes et les accidents de l’impression rendent chaque tirage unique bien qu’issu d’une même matrice.

Sa démarche tente de former un lien entre des signes simples – points, traits, rayures, aplats – et une exécution rapide de la taille sur le matériau dur et cassant qu’est le plâtre. Elle permet la combinaison à la fois des éclats hasardeux du passage du burin et du geste déterminé du dessin.

Grâce aux possibilités offertes par cette technique de gravure - les multiples tirages, la possibilité de déplacement des matrices sur des feuilles à grand format, un jeu de positions qui dynamise le rendu – il tente la traduction du couple mouvement / répétition.

Toutes ses gravures sont réalisées à l’encre typographique. C’est grâce à la profondeur du noir et aux subtilités de ses intensités qu’il exprime sa sensibilité à la lumière.

Inspiré de dessins figuratifs, de signes abstraits, de motifs et d’empreintes de graffiti, de pétroglyphes, d’écorchures de bois, de griffures, de reliefs incrustés par des outils rudimentaires, il recherche par des expérimentations créatives à nourrir son travail.

Les sujets viennent naturellement. Des nus à l’heure de la sieste dans une alcôve. Des hirondelles en conciliabules muets, des prairies en fleurs, des arbres, des lumières discrètes.

Des installations aussi, pour explorer les domaines contemporains.

Traduire graphiquement le mouvement est pour lui une nécessité. L’énergie et la dynamique qui y sont liées surgissent dans ses compositions. La gravure pratique habituellement statique n’est a priori pas adaptée à ce sujet; Il lui faut donc trouver des codes graphiques, des transcriptions ou des équivalences qui rendent compte de ces effets visuels.

De manière récurrente, les notions d’énergie et de mouvance sont mises en avant dans ses œuvres.

Bernabé del  Castillo dessine le monde avec énormément de délicatesse et de puissance dans des images aux supports modestes.

Par là il crée alors des séquences picturales pour un dialogue avec l’observateur, un discours, ou mieux, une histoire.

Marguerite, 2017

encre sur papier Coréen Hanji, 76x50

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